Dénis Kambayi à J-M Kabund : « Il faut être méchant de critiquer la construction des universités à Kananga et à Mbuji-Mayi »
La Synergie des notables et associations du Grand Kasaï (SYNAGK) est montée au créneau contre Jean-Marc Kabund. Lors d’un point de presse tenu ce samedi 2 mai 2026 à Kinshasa, son président, Denis Kambayi, a dénoncé des propos jugés « méchants » sur les universités de Mbuji-Mayi et Kananga. Il exige leur retrait et des excuses publiques.
« Si vous voulez anéantir un peuple, ne l’envoyez pas à l’école. Il faut être méchant de critiquer la construction des universités à Kananga et à Mbuji-Mayi. Au contraire, il faut encourager. (…) Nous demandons à notre frère Jean-Marc Kabund de retirer ses propos et de présenter ses excuses à ce peuple dont il se dit frère. Ce sont des propos méchants », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur l’importance de l’éducation pour le développement de cette région, estimant que ces infrastructures universitaires constituent un tournant historique pour la jeunesse kasaïenne, appelée à se former sur place plutôt que de migrer vers d’autres provinces.
« C’est la première fois depuis les années 60 que l’espace du Grand Kasaï bénéficie des universités. Ne pas reconnaître cela, c’est de la méchanceté. Au nom de toute la notabilité, nous disons merci au chef de l’État », a-t-il ajouté.
D. Kambayi a également salué plusieurs actions en cours dans la région, dans le cadre notamment du programme des 100 jours, du projet Tshilejelu, ainsi que des projets agro-pastoraux de Lubondayi et Nkuadi, en soulignant que ces initiatives traduisent une volonté réelle de développement du Grand Kasaï.
« Le président de la République a déjà commencé à répondre à notre mémorandum de novembre 2020 », s’est-il réjoui.
Par ailleurs, le président de la SYNAGK a pointé des dysfonctionnements dans l’exécution de certains projets, évoquant des cas de détournements et de mauvaise gestion. Il a appelé à la mise en place d’une commission d’enquête et à des poursuites judiciaires contre les auteurs présumés de ces malversations.
« J’ai été gouverneur du Kasaï central, à mon époque, vous pouviez quitter Kananga le matin en aller-retour sur Kalamba-Mbuji et rentrer le même jour... Les moyens sont sortis plus d’une fois pour le désenclavement de l’espace Grand Kasaï, aujourd’hui mes services me renseignent que pour arriver à Kalamba-Mbuji, il faut deux ou trois jours. Ce n’est pas normal. Qu’est-ce qui se passe ? C’est une route en terre battue où, à mon époque, on pouvait le faire en aller-retour le même jour. La RN1 dans le tronçon entre Kamuesha-Kananga, Kananga-Mbuji-Mayi doit prendre combien de temps ? Les projets agro-pastoraux de Nkuadi et Lubondayi, on ne peut pas parler de la faim dans l’espace du Grand Kasaï. Nous avons la terre qu’il faut et même des machines. Des millions sont sortis pour ce projet. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à de multiples détournements. Ceux qui ont détourné l’argent ne peuvent pas se pavaner à Kinshasa pendant que la population souffre. Une commission d'enquête doit être mise en place pour établir les responsabilités pour des poursuites au travers de procès publics », a-t-il souligné.
Cette sortie intervient en réaction aux propos de Jean-Marc Kabund, tenus lors d’un meeting organisé à l’occasion du quatrième anniversaire de son parti, au cours duquel il avait déclaré : « Si on prend un micro pour demander aux Kasaïens, personne n’a besoin de ces universités à Mbuji-Mayi et Kananga ».
Une phrase qui continue de susciter une vive indignation dans l’espace Grand Kasaï, a déploré.
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